le réveil de la belle ... tonkinoise ! ( 2 )
HANOÏ ETERNELLE
Fines silhouettes de paysannes coiffées de chapeaux coniques et vendant, dans de grands paniers plats, des fruits colorés ou des fleurs parfumées, maisons aux façades ocres ou jaunes tout en longueur, affiches désuètes d’un communisme toujours présent, cybercafés et enchevêtrement de vélos et scooters …
Hanoï, aujourd’hui, est un doux mélange de la capitale tonkinoise qu’elle fut, du centre communiste qu’elle demeure et de la capitaliste qu’elle tend à devenir.
Les 36 petits bonheurs tonkinois
L’Asie est souvent synonyme de buildings ultra-modernes, d’enchevêtrements autoroutiers et de forêts d’enseignes lumineuses. Aussi le ravissement succède-t-il à l’étonnement sitôt quitté l’aéroport d’Hanoï. Quelques tours de roués et, dans la douceur du matin, les rizières sont déjà là, verdoyantes et brillantes sous la lumière argentée des cieux d’Orient.
Les rizières qui bordent la route menant de l’aéroport au centre d’Hanoï, plongent le voyageur, dès son arrivée, dans des paysages évoquant un rêve indochinois.
Un calme serein enveloppe cette délicate aquarelle soudain traversé par un vélo, silhouette hors du temps surmontée d’un chapeau de paille en cone, qui semble glisser sur l’un des minuscules chemins tracés entre les plans d’eau.
Depuis l’ouverture économique du Vietnam et de nos jours, la speculation immobilière va bon train à Hanoï et le prix du terrain est exorbitant. Aussi, par souci d’économie, les Vietnamiens construisent des maisons très étroites, à plusieurs étages pour en multiplier la surface. A ma connaissance, il est interdit de construire, tout autour du lac de l’Epée Restituée, des immeubles de plus de dix étages. Une loi qui a, jusqu’à présent, protégée la physionomie de la capitale du Vietnam.
Il faut aller au-delà des apparences pour en découvrir les trésors. Et pour une meilleure visite, le moyen ideal est encore le classique cyclopousse !
La roue, meilleure amie de l’homme
Assis sur une banquette installée sous un petit dais et accrochée à l’avant d’un vélo, on a d’abord le sentiment de culpabilité en empruntant ce taxi vietnamien, qui tire son énergie de la sueur de l’homme.
Peu prisé par le gouvernement vietnamien qui lui trouve une symbôlique négative, le cyclopousse demeure un des moyens de transport les plus usités à Hanoï. C’est, aussi, un des nombreux petits métiers qui fleurissent dans la ville, comme les micro-épiceries ou la vente des récoltes par les paysannes.
Le temple de la Montagne de Jade
Au milieu du lac de l’Epée Restituée, le temple de la Montagne de Jade est très fréquenté, le dimanche, par les croyants.
Ils déposent dans le pavillon de l’Obtention de la Lune, des offrandes pour la réalisation de leurs voeux.
Les objets de culte, les lanternes de papier rouge, les bâtons d’encens et autres ex-voto illuminent pho Hang Luoc, tandis que les cloches d’étain s’alignent sur les trottoirs de pho Bat Su, la rue des dimandiers et des forgerons. En levant les yeux au-dessus de toutes ces échopes, on aperçoit les façades jaunes décrépites des “maisons-tubes”, ancêtres des demeures tout en hauteur que l’on construit aujourd’hui.
La rue, centre de toute la vie
Lorsque les commerces se font plus rares, les trottoirs sont envahis par des petits métiers regroupés aussi par corporation … c’est ainsi, que l’on peut trouver les “ fast food “ à la vietnamienne, soit un ou deux petits tabourets, sur lesquels on s’assoit pour manger une soupe à l’anguille, au boeuf séché, au crabe … Ces gargotes ambulantes deviennent un vrai panorama de la gastronomie locale. Manière de vivre traditionnelle des Vietnamiens qui ne font pas de veritable repas dans la journée, mais s’y arrêtent quand la faim se fait ressentir.
Que l’on soit vieux ou jeunes, retraités ou actifs, chaque matin l’on peut apercevoir des Vietnamiens entretenir leur santé et leur physique ! Histoire de pouvoir commencer la journée dans les meilleures conditions.
L’empreinte de la France
La France reste très présente , non dans la langue pratiquement disparue, ni les habitudes alimentaires, mais dans l’architecture. Le style Art nouveau de certaines maisons de la capitale vietnamienne, avec leurs façades jaunes aux volets verts, leurs marquises en fer forgés, telle l’ancienne demeure du gouverneur du Tonkin, rappellent l’empire colonial.
L’opéra d’Hanoï, réplique miniature du Palais-Garnier de Paris, est le décor obligé pour les photos de mariage.
Chaque samedi, les nouveaux époux forment sagement une amusante file d’attente.
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